jeudi 26 février 2009

25 RECORDS POUR LA VENTE YSL - PIERRE BERGE



Cette semaine, Le Grand Palais a été le théâtre d’une vente historique, celle de la collection Yves Saint Laurent-Pierre Bergé orchestrée par Christie's et la propre maison de ventes de Pierre Bergé les 23, 24, 25 février 2009. Quelque 30.000 personnes ont eu le privilège de découvrir ce week-end sous la nef du Grand Palais, à Paris, les œuvres exposées avant leur mise en vente. Au final, seuls 50 enchérisseurs se sont battus pour des enchères exceptionnelles.

La dispersion des 730 pièces de la collection vient d’atteindre les 373,5 millions d’euros, un record sans précédent. La plus belle vente privée remonte à 1997 avec 163 millions d'euros lors de la dispersion de la collection Victor et Sally Ganz à New York. Celle de YSl-Pierre Bergé enregistre 25 records. Sept records en œuvres d'art moderne et impressionniste, six pour les dessins et les peintures de maîtres anciens, et douze pour des œuvres d’Art Déco. Spectaculaire, le record mondial obtenu par le tableau d'Henri Matisse "Les coucous, tapis bleu et rose" qui atteint 35,905 millions d'euros, frais compris, la pièce la plus chère vendue à ce jour aux enchères YSL-Bergé. La sculpture de Constantin Brancusi "Madame L.R" a été adjugée à 29,185 millions d'euros. Le tableau de Piet Mondrian "Composition avec bleu, rouge, jaune et noir" est parti à 21,569 millions d'euros. Le fauteuil dragon d'Eileen Gray a pulvérisé les records pour un fauteuil avec près de 22 millions d'euros. Le Marcel Duchamp, qui a détourné avec Man Ray l'étiquette d'un flacon de parfum, vendu avec sa boîte en carton (Belle haleine - Eau de voilette) pour 8,913 millions d'euros. Le Giorgio de Chirico "Il Ritornante", a atteint les 11,041 millions d'euros, le James Ensor pour "Le désespoir de Pierrot" les 5 millions d'euros et le "Gartenfigur" de Paul Klee a été vendu 3,9 millions d'euros. L'Etat a acquis des œuvres d'art pour un montant de 13,135 millions d'euros, a annoncé mercredi soir la ministre de la Culture Christine Albanel dont : "Les Lilas" d'Edouard Vuillard et "Au Conservatoire" de James Ensor pour le musée d'Orsay, "Il Ritornante" de Georgio de Chirico pour le Centre Pompidou ainsi qu'un portrait miniature de Louis XIV, par Petitot, pour le musée du Louvre et trois pièces destinées au musée national de la Renaissance au Château d'Ecouen.

Pourtant, cette vente exceptionnelle ne signifie pas pour autant un marché de l’art relancé. «Cette vente peut être considérée comme un accident explique à 20minutes.fr Dominique Sagot-Duvauroux, professeur d'économie à l'université d'Angers et spécialiste de l'économie de l'art. Son succès repose sur une collection d'exception, elle n'indique pas que le marché de l'art se redresse. Elle confirme juste que sur un marché morose, les oeuvres de grande qualité se vendent toujours, à la différence des œuvres de qualité moyenne.»

Le produit de la vente va être reversé à la Fondation Pierre Bergé-Yves Saint Laurent, pour aider la recherche médicale sur le sida. De cette passion commune pour l’Art, Pierre Bergé ne garde qu'une sculpture africaine, l'oiseau mythique sénoufo, et le portrait d’Yves Saint Laurent, peint par leur ami Warhol .